Petit tour historique de Nevers
Histoire | Aout 2026 | Tristan De Meyere
Nevers, préfecture de la Nièvre, est aujourd'hui méconnue et pourtant, elle a brillé à travers l'histoire. Enfilons nos chaussures et, armés de notre machine à voyager dans le temps, partons à la découverte de la ville de Nevers, de son évolution et de ses plus grands monuments.
Palais Ducal
Par où mieux commencer que par le palais ducal, ce magnifique monument, préfigurant les châteaux de la Loire qui se trouve à un jet de pierre de la cathédrale et de l’office du tourisme de Nevers.
Mettez-vous bien en face et regardez-le, il est beau, harmonieux, avec ces 3 tourelles polygonales qui vous font face et son élégance venue de la renaissance. Qui sont donc ces ducs qui ont pu vivre ici?
Pour le découvrir, rentrons dans notre machine à remonter le temps et retournons jusqu’au XVe siècle, en 1464. En cet an de grâce, la ville de Nevers pleure non pas son duc, mais son comte Charles qui vient de mourir. C’est son frère, Jean de Clamecy qui, à 49 ans, hérite alors du comté. Jean décide alors de faire table rase du passé, notamment en s’alliant au roi de France, Louis XI contre son propre petit-cousin Charles le Téméraire.
Il décide aussi de construire ce magnifique palais qui se dresse devant nous en détruisant ce qui s’y trouvait avant. Mais pour avoir une meilleure idée d’à quoi pouvait ressemblait le palais, faites-donc quelques pas pour vous rapprocher d’une des deux tours postérieures. En effet, celles-ci sont les plus anciennes de l’édifice et datent du moment de sa construction.
En 1491, à près de 76 ans, Jean de Clamecy rend l’âme et sa dépouille sera inhumée à quelques pas d’ici, dans la cathédrale Saint-Cyr. C’est son petit-fils, Engilbert de Clèves qui prendra la direction du comté. La famille de Clèves continuera de restaurer le château et sera à l’origine des belles tours polygonales que vous pouvez voir à l’avant du bâtiment.
Vous pouvez remarquer à divers endroit sur la facade le blason de la famille de Clèves qui peut être lu en héraldique comme “De gueules, à une écusson d’argent en abîme, chargé d’un rais d’escarboucle percé, pommeté & fleurdelysé d’or, brochant sur le tout.” En français, cela donnerait plutôt “De fond rouge, sur lequel se trouve un écusson argenté avec un trou au milieu, d’où partent 8 rayons jaunes terminés par des fleurs de Lys”.
François de Clèves, de la même famille, sera un grand chef de guerre lors des guerres d’Italie et défendra sa ville de Châlons contre les troupes de l’Empereur Charles Quint. Pour le récompenser, François Ier élèvera le comté en duché et François sera donc, en 1539 le premier duc de Nevers.
Les 2 fils du duc mourront sans héritier et c’est alors à sa fille et son mari, Louis IV de Gonzague-Nevers que reviennent le duché. Ils sont les grands-parents de Louise-Marie de Gonzague, qui deviendra reine de Pologne et dont nous pouvons retrouver le nom sur la plaque se trouvant sur la tour la plus à gauche.
Les péripéties continuent, les familles et ducs s’enchaînent jusqu’à Louis-Jules Mancini-Mazarin, dernier duc de Nevers qui vivra à travers la révolution. Son héritière vendra le palais à la ville et au département. Aujourd’hui le palais sert d’hôtel de ville, d’office du tourisme et de salle de mariage.
Cathédrale de Nevers
Marchons quelques mètres pour nous retrouver à présent devant la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers, lieu même où le bâtisseur du palais que nous venons de quitter repose pour l’éternité.
Pour comprendre son nom, faisons un saut jusqu’en Antiquité, jusque dans l’Empire Romain.
Entre 303 et 311 se déroule ce que l’histoire nommera la Grande persécution ou la persécution de Dioclétien, du nom de l’Empereur de la part orientale de l’Empire. Sa légitimité venant du divin, l’Empereur voit d’un mauvais oeil ces adorateurs du Dieu unique qui n’acceptent pas sa divinité. C’est pourquoi la traque et persécution des chrétiens est mise en place dans tout l’Empire.
En Turquie, Julitte et son jeune fils Cyr furent arrêtés. Quand on lui demanda de décliner son identité, Julitte ne répondit que par “Je suis chrétienne”. Lors des tortures qui suivirent, la future sainte continua de clamer “Je suis chrétienne”, ce à quoi son fils répondit par des “Je suis chrétien”. Cela mis en rage le gouverneur qui tua l’enfant et peu après trancha la gorge de la mère.
Dès le IXe siècle, des reliques des martyrs sont ramenés par l’évêque Jérome dans la cathédrale. Déplacés lors de la révolution, les reliques reviennent finalement dans la cathédrale mais sont finalement détruites lors des bombardements de la ville par les forces alliées du 16 juin 1944.
Pont de Loire et panorama
Après avoir descendu la rue de la cathédrale et bifurqué sur la rue de Loire, nous arrivons au pont. Mais avant de traverser le pont, jetons donc un coup d’oeil à gauche, en bas. Que pouvons-nous voir? La Loire, bien sûr, large fleuve mais aussi un petit bras d’eau, proche du pont, qui se jette dans la Loire. Cette eau, n’est pas un bras du fleuve mais bien la Nièvre, qui donnera son nom à la cité ducale.
Traversons maintenant ce pont, sur lequel passe l’ancienne nationale 7. Une fois arrivé de l’autre coté, asseyons nous sur le banc et admirons la vue. Elle est spectaculaire. D’ici, on voit très bien la cathédrale et plus à droite, nous pouvons voir les flèches des tours du palais ducal. Mais ce qui est à mes yeux le plus frappant est la forme de la ville. On la voit bien ici, la cité médiévale, on peut deviner les anciens murs qui entouraient la cité. Imaginez donc les remparts qui vont de la tour Goguin (XIIe siècle) que vous pouvez voir sur la gauche à la tour Saint-Eloi (XVe-VXIe) tout à droite. On entendrait presque les sabots des chevaux claquant contre les pavés (possibles) du vieux pont que nous venons de traverser.
Conclusion
La journée fut déjà bien chargée mais Nevers rengorge encore d’autres sites à visiter: la sépulture de Sainte Bernadette, la porte de Paris et la porte du Croux en sont quelques examples. N’hésitez pas à faire un tour par ces autres lieux en vous replongeant dans l’histoire de cette belle cité.
